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Les fascias,
ce tissu qui relie tout le corps

Que sont les fascias, quel est leur rôle dans le corps, qu'est-ce que la recherche nous en apprend aujourd'hui ?

Qu'est-ce qu'un fascia ?

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Longtemps, l'anatomie a décrit le corps comme un assemblage de pièces séparées. Des muscles d'un côté, des organes de l'autre, des os, des nerfs, chacun dans sa case. Les fascias étaient considérés comme de simples emballages, une enveloppe qu'on écartait pour atteindre ce qui semblait important. (On les jetaient litérallement à la poubelle !)

Cette vision a changé. On sait aujourd'hui que les fascias forment un réseau continu de tissu conjonctif qui enveloppe et relie l'ensemble des structures du corps, des muscles aux organes, des os aux nerfs, jusqu'aux plus petites cellules. Ce n'est pas un emballage. C'est un système à part entière, présent partout, sans véritable interruption.

Le mot fascia vient du latin et signifie bande, bandelette. Mais l'image d'une bande est trompeuse, car elle suggère quelque chose de plat et de localisé. La réalité est celle d'une trame tridimensionnelle, présente de la surface de la peau jusqu'au cœur des tissus les plus profonds.

Ce que l'observation a révélé

Les travaux du docteur Jean-Claude Guimberteau ont profondément renouvelé notre regard sur ce tissu. Chirurgien plasticien et membre de l'Académie nationale de chirurgie, il a été le premier à filmer le fascia vivant, à l'intérieur du corps, grâce à l'endoscopie. Ses images montrent une réalité que les planches anatomiques traditionnelles ne laissaient pas soupçonner. Vous pouvez les retrouver sur son site internet https://www.endovivo.com/.

À partir de centaines d'observations in vivo, il décrit le fascia comme un réseau fibrillaire tridimensionnel, organisé en milliards de microvacuoles. Ces microvacuoles, dont la taille varie de quelques microns à quelques dizaines de microns, sont l'unité fonctionnelle de base de ce tissu. Leur disposition d'apparence chaotique et fractale permet à la fois le glissement des structures les unes par rapport aux autres et leur continuité parfaite. Sa conclusion principale, tirée de ces observations directes, est qu'il existe une continuité tissulaire totale dans le corps humain. Rien n'est vraiment séparé. 

Cette vision rejoint celle d'autres chercheurs internationaux, notamment Carla Stecco sur l'innervation des fascias et Helene Langevin sur le rôle du tissu conjonctif dans la régulation systémique de l'organisme. Ensemble, leurs travaux dessinent l'image d'un tissu bien plus actif et sensible qu'on ne le pensait.

À quoi servent les fascias ?

Les fascias remplissent plusieurs fonctions essentielles, souvent invisibles tant qu'elles fonctionnent bien.

Ils assurent la continuité et le soutien. En reliant toutes les structures entre elles, ils donnent au corps sa cohérence et lui permettent de répartir les forces et les tensions. Quand vous faites un mouvement, ce ne sont pas seulement les muscles concernés qui travaillent. C'est tout un réseau qui se met en jeu.

Ils permettent le glissement. Pour que le corps bouge librement, les structures doivent pouvoir coulisser les unes contre les autres. C'est précisément le rôle de l'organisation microvacuolaire décrite par Guimberteau. Quand ce glissement se réduit, le mouvement devient moins fluide, parfois douloureux.

Ils sont un organe sensoriel à part entière. Les fascias sont l'une des structures les plus densément innervées du corps. Les travaux de Robert Schleip et de Carla Stecco ont mis en évidence la richesse de leur équipement nerveux : mécanorécepteurs de Ruffini sensibles à l'étirement lent, corpuscules de Pacini réactifs aux vibrations, et surtout une immense quantité de terminaisons libres qui dialoguent directement avec le système nerveux autonome. Cette densité d'innervation place les fascias parmi les tissus les plus sensibles de l'organisme.

Ils participent à la conscience du corps. Cette innervation explique le rôle majeur du fascia dans la proprioception, cette conscience de la position et du mouvement de notre corps dans l'espace. Plus profondément encore, les fascias contribuent à l'intéroception, c'est-à-dire à la perception fine des états internes du corps. C'est par ce canal que nous ressentons une tension qui s'installe, une respiration qui se libère, ou un apaisement qui se diffuse. L'intéroception est aujourd'hui considérée par les neurosciences contemporaines, notamment dans les travaux d'Antonio Damasio, comme l'un des fondements biologiques du sentiment de soi. Travailler les fascias, c'est donc agir sur l'un des tissus par lesquels nous nous sentons exister.

 

Ils sont en lien direct avec le système nerveux. La stimulation des fascias par un toucher lent et soutenu a un effet documenté sur le système nerveux autonome. Elle favorise le passage d'un état d'alerte vers un état de régulation. C'est l'un des fondements de l'intérêt thérapeutique d'une approche manuelle douce comme la fasciathérapie.

Fascias et fasciathérapie, qu'en dit la recherche ?

La fasciathérapie méthode Danis Bois travaille directement sur ce tissu, par un toucher doux et lent. Cette approche fait l'objet de recherches portées par le CERAP, le Centre d'étude et de recherche appliquée en psychopédagogie perceptive, rattaché à l'université Fernando Pessoa de Porto.

Parmi ces travaux, une étude exploratoire a cherché à mesurer l'élasticité du fascia thoracolombaire avant et après un traitement de fasciathérapie MDB. Les premiers résultats, jugés encourageants, ont ouvert la voie à une seconde étude de plus grande ampleur sur le tonus fascial. D'autres recherches du CERAP se sont penchées sur les effets de la fasciathérapie dans des contextes de douleur, notamment chez des personnes atteintes de fibromyalgie.

 

Il est important de le dire avec honnêteté. Ces recherches sont récentes, certaines sont exploratoires, et elles n'ont pas la prétention d'apporter des preuves définitives.

 

La fasciathérapie n'est pas un traitement médical et ne remplace pas un suivi par un médecin. Ce qu'elle propose, c'est un accompagnement complémentaire, dont beaucoup de personnes décrivent les effets en termes d'apaisement, de relâchement et de meilleure perception de leur corps.

Si cette approche vous parle, je vous explique en détail comment se déroule une séance.

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